Violon québécois ancien ou très ancien / musique folk
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Re: Violon québécois ancien ou très ancien / musique folk
Hello!
Pardonnez mes questions et remarques de béotien, mais j'ai beaucoup de mal à comprendre comment vous deux déterminez l'ancienneté de ces violons. De la même manière comment on peut reconnaître un Mirecourt d'un coup d'oeil lorsque celui-ci est indiqué être allemand?
Je comprend que ça nécessite des connaissances, j'en ai moi même sur d'autres sujets, mais un ou deux éléments supplémentaires seraient bienvenus.
En ce qui concerne les coupes, formes, géométries, faire un violon comme celui marqué Marcel Breton est à la portée de n'importe qui de pas trop manche. Je suis moi même tout-à-fait capable de faire de belles marques de scie dans ce style à l'égoïne (par contre je sais me servir d'un rabot pour les faire disparaître).
Donc quelqu'un qui a seulement quelques outils rudimentaires, et éventuellement une bonne perceuse (pour le fameux trou), pouvait réaliser ce violon dans les années 70. Avec les bois mentionnés, sans trop de souci d'approvisionnement.
Par ailleurs il y a toujours dans le monde des gens qui pratiquent l'artisanat à l'ancienne... l'utilisation de tours avec un archet entre autres, ou la forge des bijoux, techniques qui ne sont quasiment plus pratiquées par les pro en occident, rentabilité oblige.
Et faire un objet "qui ressemble à", c'est à la portée de n'importe quel passionné.
Du coup, oui, j'aimerais bien comprendre comment vous faites vos estimations, car à vous lire pour l'instant c'est très flou pour moi (et je ne pense pas être le seul)
Pardonnez mes questions et remarques de béotien, mais j'ai beaucoup de mal à comprendre comment vous deux déterminez l'ancienneté de ces violons. De la même manière comment on peut reconnaître un Mirecourt d'un coup d'oeil lorsque celui-ci est indiqué être allemand?
Je comprend que ça nécessite des connaissances, j'en ai moi même sur d'autres sujets, mais un ou deux éléments supplémentaires seraient bienvenus.
En ce qui concerne les coupes, formes, géométries, faire un violon comme celui marqué Marcel Breton est à la portée de n'importe qui de pas trop manche. Je suis moi même tout-à-fait capable de faire de belles marques de scie dans ce style à l'égoïne (par contre je sais me servir d'un rabot pour les faire disparaître).
Donc quelqu'un qui a seulement quelques outils rudimentaires, et éventuellement une bonne perceuse (pour le fameux trou), pouvait réaliser ce violon dans les années 70. Avec les bois mentionnés, sans trop de souci d'approvisionnement.
Par ailleurs il y a toujours dans le monde des gens qui pratiquent l'artisanat à l'ancienne... l'utilisation de tours avec un archet entre autres, ou la forge des bijoux, techniques qui ne sont quasiment plus pratiquées par les pro en occident, rentabilité oblige.
Et faire un objet "qui ressemble à", c'est à la portée de n'importe quel passionné.
Du coup, oui, j'aimerais bien comprendre comment vous faites vos estimations, car à vous lire pour l'instant c'est très flou pour moi (et je ne pense pas être le seul)
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Laurent2
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Re: Violon québécois ancien ou très ancien / musique folk
GaBuZo a écrit : sam. 7 févr. 2026 14:40 Pour compléter un peu, avec des arguments de pur amateur, et en essayant de reprendre les tiens, Laurent, puisque tu considères qu'ils ne sont pas discutés:
Marcel Breton, à Weedon, Québec, était cultivateur. Il avait donc accès à la fabrication d'étiquettes pro.
Çà parait un peu incohérent de mettre une étiquette imprimé selon les règles de 1900 dans un violon très original, conçu pour ne pas ressembler aux violons professionnels. Si le but du jeu était de fabriquer un violon d'aspect professionnel, son fabriquant aurait pris de l’épicéa pour la table et il aurait mis une volute normale. S'il voulait fabriquer un truc original et revendiqué comme tel, il n'aurait pas mis d'étiquette ou il aurait mis une étiquette manuscrite.
GaBuZo a écrit : sam. 7 févr. 2026 14:40 Sa fille Carmen habitait Fontainebleau, le violon a pu être rapatrié en France comme héritage ou autre, puis mis au clou par des descendants.
Autre scénario possible : il y aurait eu un autre Marcel Breton, cousin ou grand-oncle du vôtre, non mentionné dans Généanet, qui aurait été luthier à Weedon vers 1900 et qui aurait restauré cet instrument pour des raisons qui restent a découvrir
GaBuZo a écrit : sam. 7 févr. 2026 14:40 En ce qui concerne les restaurations, je pense que la valeur d'un instrument, pour son ou sa propriétaire, ne se limite pas à ses qualités sonores ou de facture. C'est hautement affectif, surtout si on l'a fabriqué soi même... On est plusieurs ici à avoir retouché nos premiers jets.
Donc je pense que Marcel Breton a construit ce violon, en tant qu'amateur, créatif, à une époque où les forums comme celui-ci n'existaient pas encore, et vraisemblablement 1978.
Il est également possible que les restaurations, ou du moins une partie d'entre elles, ne soient que des rattrapages de boulettes. Là encore il y a plein d'exemples sur le forum ^^
Je ne pense pas que ce violon ait été fabriqué vers 1978, il a l'air nettement plus ancien. Un scénario possible est qu'il aurait été fabriqué vers 1930 par un gamin de 15 ans disposant d'informations relativement détaillées sur la fabrication des violons, mais de moyens très limités et de beaucoup de temps,
Dans ce scénario, le jeune Marcel Breton aurait utilisé des outils de bûcheron, ce qui pourrait expliquer les traces de scie à bras. Ces traces ressemblent à celles d'une scie d'ébéniste français de 1760, mais pourraient être en fait celles d'une scie de bûcheron canadien de 1880 trouvée dans la grange de ses parents. On peut croire également que des paysans de Weedon utilisaient encore, en 1930, du matériel d'imprimerie de 1900. Ce qui me gène le plus dans ce scénario, c'est que ce violon a été fabriqué pour l'essentiel dans les règles avec tous les bouts de bois qu'il faut, ce qui suppose que le jeune Marcel Breton ait été conseillé, ou ait eu accès à une documentation détaillée, et qu'il a fabriqué cette volute atypique. S'il a essayé de fabriquer un violon "normal" et qu'il en été empêché par les faibles moyens dont il disposait à 15 ans, quel intérêt de fabriquer une volute de ce genre ?. .
Autre scénario possible, un homonyme et peut être un parent luthier à Weedon en 1900, qui aurait restauré un violon ancien pour des raisons plus patrimoniales ou culturelles que musicales. Ce qui n'exclut pas votre hypothèse selon laquelle votre Marcel Breton puis sa fille en aurait hérité par la suite.
Troisième scénario : un violon fabriqué par votre Marcel Breton vers 1930 en tirant ses connaissance d'une tradition locale de "lutherie vernaculaire" et d'un vieux paysan de Weedon qui lui aurait expliqué comment fabriquer des violon dans la tradition des guinguettes locales. A mon avis ces 2 derniers scénarios paraissent plus cohérents avec la forme de la volute, qui parait un peu trop bien dessinée pour un prototype conçu et fabriqué par un gamin de 15 ans. Entre ces 2 derniers scénarios, on peut aussi croire à des pratiques locales, trop informelles pour pouvoir parler de "tradition" mais qui aurait pu l'aider à fabriquer çà.
Enfin un quatrième scénario, qui explique à mon avis le mieux les incohérences du dossier. Votre Marcel Breton aurait été très lié à son grand-père alors qu'il avait 15 ans, lequel grand-père aurait été l'héritier d'une tradition de paysans luthiers et violonistes dans les fêtes locales, alors en voie d’extinction, lui aurait appris à jouer du violon dans ce cadre et lui aurait fait cadeau d'un violon conforme aux usages de ces paysans-luthiers-interprétes. Dans ce cas, l'étiquette "Marcel Breton Weedon P. Q" daterait de 1930 et serait en fait une étiquette de propriétaire, collée par le grand père lorsqu'il lui a donné cet instrument, et pas une étiquette de luthier, ce violon pourrait être nettement plus ancien que 1930, et, Marcel Breton aurait reçu une formation de violoniste populaire québecois à une époque où cette musique était passée de mode, mais serait resté attaché à cette culture et aurait gardé ce violon, qu'il a probablement restauré en 1978
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Re: Violon québécois ancien ou très ancien / musique folk
Non, tu te trompes complètement, encore une fois, tu sors des préjugés de je ne sais où... Laisse tomber tes notions de menuiserie, moi aussi j'ai travaillé pendant 10 ans avec un ébéniste MOF, on a fait du Boulle, on a travaillé un peu pour Versailles, mais rien de ce que j'y ai appris ne sert pour l'expertise de lutherie. Une porte, c'est une porte, mais un violon, ça n'est pas la même chose.Laurent2 a écrit : sam. 7 févr. 2026 21:43
Les qualités géométriques des objets, hors objets de haut de gamme, étaient parfois assez limitées avant 1780. Je comprends que, depuis que le violon existe, les violons de qualité ont toujours été fabriqués avec une réelle précision géométriques, mais que certains instruments destinés à une usage plus populaire pouvaient être "de guingois" d'après nos critère modernes, lorsqu'ils étaient destinés à des clients + ou - désargentés.
Je ne suis pas chez moi actuellement, mais tous les bouts de bois attendus normalement paraissent présents, sauf l’âme qui n'est plus là. Les voûtes paraissent normale. La voûte de la table est un peu affaissés au niveau du cordier. Le cordier comporte un bouton en métal en son centre, manifestement pas d'origine, le trou correspondant dans le bois a été fait avec une précision conforme aux pratiques modernes alors que le reste du cordier semble avoir été taillé à la serpe.
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Voila par exemple une vielle à roue normande tout début 18ème. La tête a été changée fin 18ème pour cette merveilleuse tête d'un sculpteur très connu de l'époque. A l'origine, il devait y avoir une tête en volute, un peu comme la vielle qui est au musée de Caen. C'est un instrument très très rare issu des traditions de vielle locale, donc faite par des non-professionnels. Les décors sont gravés, les bois sont simples et locaux (erable champêtre et cormier), il y a une légère asymétrie quand on fait le plan, mais rien de commun avec ton truc. Mais non tes voutes ne sont pas normales, elles sont taillées à la bite et au couteau et encore une fois c'est normal !!!!
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Re: Violon québécois ancien ou très ancien / musique folk
Mais non arrête, avec la simple hauteur d'éclisse, n'importe quel mec du milieu voit que c'est un alto bon sang !Laurent2 a écrit : sam. 7 févr. 2026 22:30Borisravel a écrit : sam. 7 févr. 2026 21:08 Alors, c'est déja drôle parce que le violon du bas.... est un petit alto... donc ton expertise commence mal...
C'est un petit alto à la française quand les instruments de la famille du violon étaient divisés en 5 en France, au lieu de 4 en Italie, le tout sur un modèle proche de Strad mais adapté.
l'instrument du bas ressemble à mon "Mirecourt", autant qu'on puisse en juger d'après la photo qui ne permet pas de juger de la taille des instruments photographiés
Borisravel a écrit : sam. 7 févr. 2026 21:08 Ben... c'est à dire qu'il n'y a pas énormément de modèles copiés au XVIIIème: Stainer, Amati, Strad et c'est à peu-près tout. Le but de la lutherie française étant de produire et de vendre en trés grande quantité, on fait des modèles classiques qui se vendent, on ne fait pas vraiment dans l'originalité. Et surtout on travaille déjà à la chaine et en série donc il faut du rendement.
chaque époque et chaque entreprise a ses contraintes. La lutherie Vosgienne n'était pas l'atelier de Stradivarius, mais je comprend qu'elle a fabriqué un certain nombre d'instruments de bonne qualité et un nombre limité d'instruments de très bonne qualité, et que ces instruments méritent qu'on s'y intéresse
Borisravel a écrit : sam. 7 févr. 2026 21:08 Donc encore une fois, non et mille fois non, ton violon ne correspond en rien à un modèle classique et je ne comprends toujours pas pourquoi tu essaies de faire rentrer ce violon dans la catégorie des violons de production puisque tu as compris et accepté que c'était un travail d'amateur.
Je crois que tu fais une confusion entre les 2 violons dont j'ai parlé :
- 1) Un violon avec une étiquette "Hieronymus" qui a l’odeur et la couleur d'un violon de la Lutherie Vosgienne d'époque fin XIXème ou peut être milieu XIXème
- 2) Un violon avec une étiquette "Marcel Breton" qui a une table en érable à sucre et une volute atypique, et qui est plus ou moins de guingois.
A ma connaissance :
- Le violon N°1 est un violon de production, avec un débat pour connaître son origine et l'époque de sa fabrication
- Le violon N°2 n'est pas un "violon de production", mais à part sa table en érable à sucre, sa volute atypique, sa géométrie un peu de guingois et sa finition à la serpe, il semble avoir les caractéristiques généralement attendues des violons de la période 1780-1880, y compris tous les bouts de bois normalement présents. Il n'est pas forcément très différent de ce que tu appelles un "violon de tranchée", mais il me parait sensiblement plus ancien que 1914, et toutes les règles habituelles pour la fabrication des violons semblent avoir été respectées (barre d'harmonie, renforts, voûtes...) sauf l'essence de la table, la forme de la volute, la qualité de la géométrie et celle de la finition. A mon avis, ce violon a été fabriqué par un type qui avait été formé à la lutherie "normale", qui était + ou - isolé quelque par dans les profondeurs du Canada, et qui a du en fabriquer un certain ombre, y compris peut être avec l'aide de collègues, pour arriver à mettre au point ses "originalités" et notamment sa volute atypique, qui n'est à mon avis pas un coup d'essai. Donc, pas un "violon de production", mais pas non plus un "violon de tranchée" au sens habituel de cette expression. De plus, le fait qu'il ait été conservé et apparemment restauré plusieurs fois, amène a croire que ses qualités musicales étaient meilleures que celle des "violons de tranchée".
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La Lutherie Vosgienne n'était qu'un label parmi énormément d'autres fabriquées par JTL (Jerome Thibouville Lamy). Il avait un magasin à Paris rue de Réaumur et écoulait des stocks que l'on ne peut plus imaginer aujourd'hui. La lutherie de Mirecourt fabriquait les fameux violons à 1 Franc qui étaient dispo partout dans tous les commerces de France et exportait même en Allemagne, autre pays concurrent en terme de lutherie pas cher.
Non, je ne fais aucune confusion, ce que tu ne comprends pas, c'est que l'étiquette de ton violon N°1 ne correspond pas à ce que tu penses, parce qu'encore une fois, une étiquette de violon ment toujours !!! De plus, c'est toi qui m'induis en erreur avec ta lutherie Vosgienne. Ce violon est un peu avant la création de JTL ou alors du tout début quand ils essayaient encore de copier les auteurs connus. Hier soir j'avais le nom de ce à quoi ce violon me faisait penser sur le bout de la langue et cette nuit j'ai retrouvé, c'est Collin-Mézin père. Mais encore une fois sans autres photos et sans tête c'est très dur. Non ce violon est de l'époque où on faisait des grands violons (dont on ne veut plus aujourd'hui), donc entre 1850 et 1900.
Non, tu te plantes encore, arrête de supposer !!!
Modifié en dernier par Borisravel le dim. 8 févr. 2026 07:49, modifié 1 fois.
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Re: Violon québécois ancien ou très ancien / musique folk
C'est compliqué de répondre. Il faut juste retenir que le monde du violon est un monde de filouterie. Dès le départ, les luthiers ont eu pour mauvaise habitude de faire des fausses étiquettes et ce même sur des instruments qui valent très chers encore aujourd'hui. Donc quand on essaie d'expertiser un violon, il faut le regarder avec un oeil neuf sans tenir compte de ce qu'on te dit de lui. Il faut avoir vu des centaines d'instruments, te planter des dizaines de fois et surtout être guidé par quelqu'un qui connait vraiment le truc.GaBuZo a écrit : sam. 7 févr. 2026 22:54 Hello!
Pardonnez mes questions et remarques de béotien, mais j'ai beaucoup de mal à comprendre comment vous deux déterminez l'ancienneté de ces violons. De la même manière comment on peut reconnaître un Mirecourt d'un coup d'oeil lorsque celui-ci est indiqué être allemand?
Je comprend que ça nécessite des connaissances, j'en ai moi même sur d'autres sujets, mais un ou deux éléments supplémentaires seraient bienvenus.
En ce qui concerne les coupes, formes, géométries, faire un violon comme celui marqué Marcel Breton est à la portée de n'importe qui de pas trop manche. Je suis moi même tout-à-fait capable de faire de belles marques de scie dans ce style à l'égoïne (par contre je sais me servir d'un rabot pour les faire disparaître).
Donc quelqu'un qui a seulement quelques outils rudimentaires, et éventuellement une bonne perceuse (pour le fameux trou), pouvait réaliser ce violon dans les années 70. Avec les bois mentionnés, sans trop de souci d'approvisionnement.
Par ailleurs il y a toujours dans le monde des gens qui pratiquent l'artisanat à l'ancienne... l'utilisation de tours avec un archet entre autres, ou la forge des bijoux, techniques qui ne sont quasiment plus pratiquées par les pro en occident, rentabilité oblige.
Et faire un objet "qui ressemble à", c'est à la portée de n'importe quel passionné.
Du coup, oui, j'aimerais bien comprendre comment vous faites vos estimations, car à vous lire pour l'instant c'est très flou pour moi (et je ne pense pas être le seul)
A force d'avoir du des violons neufs patinés par de la cendre de cigarette ou autres techniques dont une population s'est fait la spécialité, tu commences à avoir de la bouteille et à piger. Les bons faussaires arrivent même à reproduire l'odeur d'un violon ancien.
Et encore, le violon, c'est facile, mais les archets, là, c'est un autre monde parce que je te montre 3 archets, un à 300e, un à 3 000e et un à 30 000e, je ne suis pas sûr que tu voies une différence. Là, les archets, il faut vraiment en bouffer des milliers pour comprendre les différence entre Bazin grand-père et Bazin petit-fils ou autre truc dans le genre.
Mais oui, je suis d'accord avec ton raisonnement, ce violon est un travail d'amateur je le date max début 20ème et je serais plutôt d'accord avec toi sur ta datation.
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Re: Violon québécois ancien ou très ancien / musique folk
Oui j'ai conscience de la difficulté de tout ça, avec en plus les filouteries ou les attentes des propriétairesBorisravel a écrit : dim. 8 févr. 2026 07:29
C'est compliqué de répondre. Il faut juste retenir que le monde du violon est un monde de filouterie. Dès le départ, les luthiers ont eu pour mauvaise habitude de faire des fausses étiquettes et ce même sur des instruments qui valent très chers encore aujourd'hui. Donc quand on essaie d'expertiser un violon, il faut le regarder avec un oeil neuf sans tenir compte de ce qu'on te dit de lui. Il faut avoir vu des centaines d'instruments, te planter des dizaines de fois et surtout être guidé par quelqu'un qui connait vraiment le truc.
A force d'avoir du des violons neufs patinés par de la cendre de cigarette ou autres techniques dont une population s'est fait la spécialité, tu commences à avoir de la bouteille et à piger. Les bons faussaires arrivent même à reproduire l'odeur d'un violon ancien.
Et encore, le violon, c'est facile, mais les archets, là, c'est un autre monde parce que je te montre 3 archets, un à 300e, un à 3 000e et un à 30 000e, je ne suis pas sûr que tu voies une différence. Là, les archets, il faut vraiment en bouffer des milliers pour comprendre les différence entre Bazin grand-père et Bazin petit-fils ou autre truc dans le genre.
Mais oui, je suis d'accord avec ton raisonnement, ce violon est un travail d'amateur je le date max début 20ème et je serais plutôt d'accord avec toi sur ta datation.
Au niveau de l'expertise, ça me fait penser à des anciens collègues, spécialisés dans le design d'antennes et la compatibilité électromagnétique, en électronique (très) hautes fréquences.
Ils arrivaient à des résultats exceptionnels, qu'aucun autre même très bon électronicien ou chercheur ne pouvait espérer. Ils sentaient ce qu'il fallait modifier, forts d'années, voire dizaines d'années, d'expérience. Pour tous les autres, même avec un très bon niveau technique et théorique, ça faisait un peu sorcellerie, assez fascinant
En regardant sur le net les techniques de datation, je suis tombé entre autres sur des articles de dendrochronologie. Balèze
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Re: Violon québécois ancien ou très ancien / musique folk
La dendro, c'est efficace mais ça a une limite: un bon faussaire a accès à ce qu'il veut comme bois, y compris des bois trés anciens du 17ème. Quelqu'un qui a fait beaucoup de restau, qui a vu beaucoup d'instruments en vrai peut copier n'importe quel auteur et s'il est mal intentionné, peut tromper n'importe quel expert. La limite est trés mince entre restau et arnaque.
En fait c'est ça le violon, c'est partir du principe qu'il y a un loup quelque part, le trouver et réattribuer l'instrument au bon auteur.
En fait c'est ça le violon, c'est partir du principe qu'il y a un loup quelque part, le trouver et réattribuer l'instrument au bon auteur.
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Re: Violon québécois ancien ou très ancien / musique folk
Borisravel a écrit : dim. 8 févr. 2026 07:21 ...
La Lutherie Vosgienne n'était qu'un label parmi énormément d'autres fabriquées par JTL (Jerome Thibouville Lamy). Il avait un magasin à Paris rue de Réaumur et écoulait des stocks que l'on ne peut plus imaginer aujourd'hui. La lutherie de Mirecourt fabriquait les fameux violons à 1 Franc qui étaient dispo partout dans tous les commerces de France et exportait même en Allemagne, autre pays concurrent en terme de lutherie pas cher.
En 1912, la société Jérome Thibouville-Lamy fabriquait des violons vendus à ses revendeurs entre 8 et 600 francs de l'époque, ce qui correspond théoriquement d'après l'INSEE à 30€ et 2.300€ d'aujourd'hui, je dis théoriquement parce-que, si au lieu d'utiliser l'indice d'inflation de l'INSEE on s'intéresse aux salaires de l'époque, cela correspond à 1,3 jours et 100 jours de travail d'un instituteur, ce qui correspond aujourd'hui à 120€ et 9.000€, auxquels il fallait ajouter la marge du détaillant. J'ai trouvé un catalogue JTL de 1912 qui mentionne la marque "Lutherie Vosgienne" et le modèle "Hiéronymus" dans la catégorie "violons d'artiste" (apparemment un peu mieux que "violon d'étude"..) pour 38 francs de 1912 tarif distributeur, ce qui correspond à 145€ d'après l'INSEE et à 570€ si on prend un indice basé sur le salaire des instituteurs, auxquels il faut ajouter la marge brute du distributeur, entre +30 et +100%. :
cf.: https://www.luthiers-mirecourt.com/thibouville1912.htm
Avec 30% de marge brute pour le distributeur, on arrive à quelque chose entre 189 et 740€ pour le client final. Le prix du modèle le plus cher de JTL pour 1912, le violon signé "A. Acoulon" en version exposition, vendu 600 francs de l'époque aux distributeurs, correspond à environs 2.300€ d'aujourd'hui d'après l'INSEE et à 9.000€ tarif distributeur en prenant comme index l'évolution des salaires des instituteurs.
En 1912, JTL était un peu comme le groupe Fiat d'il y a 25 ans, avec un écart de tarif de l'ordre de 7.500% entre les modèles les moins chers et les plus chers de la gamme. Çà n’empêche pas les Ferrari des années 90 d’être encore aujourd'hui des voitures cotées.
Je ne sais pas où tu as vu des violons JTL à 1 franc prix public. Le violon le moins cher de leur catalogue de 1912 était vendu 8 francs aux distributeurs, lesquels le revendaient au moins 16 francs à leur clients, ce qui correspond à 240€ selon l'index "salaire des instituteurs". C'était clairement un produit "abordable" mais probablement honnête et tout à fait utilisable dans des certaines circonstances.
Borisravel a écrit : dim. 8 févr. 2026 07:21 Non, je ne fais aucune confusion, ce que tu ne comprends pas, c'est que l'étiquette de ton violon N°1 ne correspond pas à ce que tu penses, parce qu'encore une fois, une étiquette de violon ment toujours !!! De plus, c'est toi qui m'induis en erreur avec ta lutherie Vosgienne. Ce violon est un peu avant la création de JTL ou alors du tout début quand ils essayaient encore de copier les auteurs connus. Hier soir j'avais le nom de ce à quoi ce violon me faisait penser sur le bout de la langue et cette nuit j'ai retrouvé, c'est Collin-Mézin père. Mais encore une fois sans autres photos et sans tête c'est très dur. Non ce violon est de l'époque où on faisait des grands violons (dont on ne veut plus aujourd'hui), donc entre 1850 et 1900.
De façon générale un type qui "truande" aujourd'hui ou autrefois, le fait parce-qu'il y trouve un intérêt, or un truandage bâclé trompe en général assez peu de monde et un truandage soigné coûte en général un certain prix. S'il s'agit d'un truandage ancien, mon violon "Mirecourt" est ou serait un truandage soigné et d'époque 1900, parce-que cet instrument n'est manifestement pas récent, qu'il a été fabriqué avec soin et a l'odeur et la couleur d'un "Lutherie Vosgienne" de 1912 ou un peu avant, a part l'étiquette, unique et sans la mention "L. V.", or je doute de l’intérêt qu'il y aurait eu de faire un truandage soigné pour imiter un violon JTL de moyen de gamme. Je serais beaucoup plus prudent si on était en train de parler du modèle étiqueté "A. Acoulon" de JTL et vendu entre 2.300€ et 9.000€ d'aujourd'hui aux distributeurs de 1912.
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Modifié en dernier par Laurent2 le dim. 8 févr. 2026 14:43, modifié 1 fois.
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Re: Violon québécois ancien ou très ancien / musique folk
Borisravel a écrit : dim. 8 févr. 2026 07:15
Non, tu te trompes complètement, encore une fois, tu sors des préjugés de je ne sais où... Laisse tomber tes notions de menuiserie, moi aussi j'ai travaillé pendant 10 ans avec un ébéniste MOF, on a fait du Boulle, on a travaillé un peu pour Versailles, mais rien de ce que j'y ai appris ne sert pour l'expertise de lutherie. Une porte, c'est une porte, mais un violon, ça n'est pas la même chose.
non, j'ai acheté il y a un certain temps un secrétaire dos d’âne milieu XVIIIème en très mauvais état sur lequel j'ai trouvé une estampille d'un ébéniste parisien connu, et que je suis en train de restaurer assez lentement. Un peu plus tard j'ai acheté pour moins de 100€ un autre dos d’âne de la mème époque, à restaurer mais en bien meilleur état que le 1er, fabriqué par un franc-tireur avec beaucoup de bonne volonté, peu de moyens et des compétences qui ne lui auraient probablement pas permis d'obtenir la maîtrise. Au XVIIIème ce genre de meuble était très courant, était combattu par les corporations dans les zones où leur juridiction s’exerçait effectivement, et était apprécié par une partie de la clientèle. Le point ces que ces meubles ont rarement été conservés et, lorsqu'ils l'ont été, le coût de leur restauration dépasse sensiblement leur valeur après restauration. Je comprends que ce genre de logique s'appliquait à de nombreux types d'objets au XVIIIème et au début XIXème, et que de véritables traditions de fabrication de ce genre d'objet ont pu se développer à certaines époques et dans certaines régions, à condition d’être un peu isolé du marché normal et des corporations ou assimilé, et a condition de disposer d'un marché local, très intéressé par les produits "professionnels" mais n'ayant pas les moyens de les acquérir. J'ai de bonnes raisons de croire que ce type de tradition a existé pour les violons dans la campagne québecoise entre 1780 et 1860 et que mon violon "Marcel Breton" est ou serait un rescapé de cette tradition.
Borisravel a écrit : dim. 8 févr. 2026 07:15 Voila par exemple une vielle à roue normande tout début 18ème. La tête a été changée fin 18ème pour cette merveilleuse tête d'un sculpteur très connu de l'époque. A l'origine, il devait y avoir une tête en volute, un peu comme la vielle qui est au musée de Caen. C'est un instrument très très rare issu des traditions de vielle locale, donc faite par des non-professionnels. Les décors sont gravés, les bois sont simples et locaux (erable champêtre et cormier), il y a une légère asymétrie quand on fait le plan, mais rien de commun avec ton truc. Mais non tes voûtes ne sont pas normales, elles sont taillées à la bite et au couteau et encore une fois c'est normal !!!!
Vielle normande.jpg
Je pense que cette vielle a été fabriqué dans une tradition de fabrication de produits destinés à des personnes relativement aisées, par des personnes que tu qualifies de non-professionels mais que je qualifierais plutôt de bi-professionels. Je te rappelle que Guarneri del Gesù aurait été luthier-et-aubergiste une partie de sa vie. Un fils de paysan de 1700 pouvait s'intéresser à la lutherie en amateur, fabriquer des violons "de franc-tireur" ou "de tranchée", monter à la ville pour travailler dans une auberge, travailler en mème temps à la lumière de la lune dans un atelier de lutherie, devenir bi-professionel luthier et aubergiste et terminer luthier à plein temps. Il n'y avait pas toujours de frontières très nettes entre francs-tireurs, bi-professionels et professionnels établis.
Quand a mon violon canadien, je persiste à dire qu'il est trop cohérent pour être un prototype et qu'il a les bouts de bois, les voûtés etc normalement attendues, mais qu'il ressemble à mon dos-d’âne XVIII de franc-tireur : un truc fabriqué par un non-professionel dans le cadre d'une tradition établie. Cà ne veut pas dire qu'il est, ou serait, d'un intérêt extraordinaire, mais çà veut dire qu'une tradition de lutherie vernaculaire aurait existé autrefois dans la campagne québecoise et que ce violon serait un rescapé de cette tradition.
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Borisravel
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Re: Violon québécois ancien ou très ancien / musique folk
Je laisse tomber, je n'ai même pas tout lu, démerde-toi.
Inutile de me répondre, je te mets dans ma liste d'ignorés.
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